Friday, 27 March 2026

We won the right to speak Indigenous languages in Parliament. Too few leaders use it/Langues autochtones au Parlement : le droit de parler ne suffit plus, il faut oser

We won the right to speak Indigenous languages in Parliament. Too few leaders use it

March 31 is National Indigenous Languages Day in Canada. It should be more than a day of celebration. It should also be a day of discomfort. We have won important victories for Indigenous languages in this country, but too often we do not use them with the courage and regularity those victories demand.

While I was a Member of Parliament from 2015 to 2019, I saw real change. Parliament passed Bill C-91, the Indigenous Languages Act. The House of Commons also made space for Indigenous languages to be interpreted and heard in the Chamber. Conservatives, the Bloc, the NDP, the Green Party and Liberals all agreed to that opening. It was not symbolic. It meant Indigenous languages belonged in the centre of Canadian democracy, not only at its edges.


And yet here is the uncomfortable truth: the service exists, but it is rarely used.

That should trouble Indigenous leaders, especially Indigenous MPs. If you have the right to rise in the House of Commons and speak your language, then you should use it whenever you can. Even if it is only a greeting. Even if it is one sentence. Even if your fluency is imperfect. Use it.

Because language is only alive if it is spoken.

Too often, we settle for the symbol. We pass legislation. We celebrate a commemorative day. We announce funding. We tell ourselves progress has been made. But our youth are asking for something more. At the Assembly of First Nations’ 2024 youth languages and learning forum, young people called for immersion, land-based learning, stronger roles for Elders, more First Nations teachers and real community engagement in language revitalization. They do not want language admired from a distance. They want it lived.

The latest Statistics Canada numbers show progress, but also limits. In 2023–24, nearly 72,000 students were enrolled in Indigenous language programs in public elementary and secondary schools across Canada. That is up from just over 46,000 in 2006–07. Those gains matter. But school programs alone will not save a language if children do not hear adults using it in public life, in leadership and in everyday conversation.

In Cree, we understand that some things are animate and some are inanimate. Some things carry spirit. Language is animate. It lives. But it only lives if we give it breath. A language kept on paper, or used once a year in a ceremonial acknowledgment, begins to lose force. A language spoken in the House of Commons, at the kitchen table, on the phone, in the school hallway and at the front door gains spirit.

This work does not belong only to government. Governments do have obligations. Canada spent generations trying to suppress Indigenous languages through residential schools and other colonial systems. It must help repair that damage. But no government can speak a language back to life for us. That task belongs to Indigenous peoples too, and especially to our leaders. The law can open the door. We still have to walk through it. That includes the AFN who should be translating our languages when holding major meetings.

So say hello in your language. Ask about the weather. Tell someone you are doing well. Say that it is raining. Welcome someone into your home. Ask them to come in. Ask them to sit. These are small acts, but small acts teach children that the language belongs to modern life.

And Indigenous MPs should understand this better than anyone. When they stand in the House and choose not to use the language, even when interpretation is available, they miss a chance to lead. They may think they are avoiding embarrassment. They may think their language is not strong enough. But our children do not need perfection. They need courage. They need to hear leaders try.

If we do not use our languages when we have the chance, why should the next generation believe they matter? If our leaders do not speak them in the very places where we fought to have them heard, then what exactly are we preserving?

Use the language. Use it imperfectly if you must. Use it a little if that is all you have. But use it. Because a language is not kept alive by being praised.

It is kept alive by being spoken.


// Francais //

Nous avons obtenu le droit de parler les langues autochtones au Parlement. Trop peu de leaders s’en servent

 

Le 31 mars est la Journée nationale des langues autochtones au Canada. Cette journée devrait être plus qu’un moment de célébration. Elle devrait aussi être un moment d’inconfort. Nous avons remporté d’importantes victoires pour les langues autochtones dans ce pays, mais trop souvent nous ne les utilisons pas avec le courage et la régularité que ces victoires exigent.

 

Pendant que j’étais député à la Chambre des communes, de 2015 à 2019, j’ai vu de véritables changements. Le Parlement a adopté le projet de loi C-91, la Loi sur les langues autochtones. La Chambre des communes a aussi fait une place pour que les langues autochtones puissent être interprétées et entendues dans l’enceinte parlementaire. Les conservateurs, le Bloc, le NPD, le Parti vert et les libéraux ont tous accepté cette ouverture. Ce n’était pas symbolique. Cela signifiait que les langues autochtones avaient leur place au cœur de la démocratie canadienne, et non seulement à sa périphérie.

 

Et pourtant, voici la vérité inconfortable : le service existe, mais il est rarement utilisé.

Cela devrait inquiéter les leaders autochtones, en particulier les députés autochtones. Si vous avez le droit de vous lever à la Chambre des communes et de parler votre langue, alors vous devriez le faire chaque fois que vous le pouvez. Même si ce n’est qu’une salutation. Même si ce n’est qu’une phrase. Même si votre maîtrise est imparfaite. Utilisez-la.

 

Car une langue n’est vivante que si elle est parlée.

 

Trop souvent, nous nous contentons du symbole. Nous adoptons une loi. Nous soulignons une journée commémorative. Nous annonçons du financement. Nous nous disons que le progrès est là. Mais nos jeunes demandent davantage. Lors du Forum des jeunes sur les langues et l’apprentissage de l’Assemblée des Premières Nations en 2024, ils ont réclamé davantage d’immersion, d’apprentissage sur le territoire, un rôle accru pour les Aînés, plus d’enseignants issus des Premières Nations et une véritable participation des communautés à la revitalisation linguistique. Ils ne veulent pas d’une langue admirée de loin. Ils veulent une langue vécue.

 

Les plus récentes données de Statistique Canada montrent des progrès, mais aussi des limites. En 2023-2024, près de 72 000 élèves étaient inscrits à des programmes de langues autochtones dans les écoles publiques primaires et secondaires du Canada. C’est une hausse par rapport à un peu plus de 46 000 en 2006-2007. Ces gains sont importants. Mais les programmes scolaires à eux seuls ne sauveront pas une langue si les enfants n’entendent pas les adultes l’utiliser dans la vie publique, dans le leadership et dans la conversation quotidienne.

 

En cri, nous comprenons que certaines choses sont animées et que d’autres sont inanimées. Certaines choses portent un esprit. La langue est animée. Elle vit. Mais elle ne vit que si nous lui donnons notre souffle. Une langue conservée sur papier, ou utilisée une fois par année dans une reconnaissance protocolaire, commence à perdre de sa force. Une langue parlée à la Chambre des communes, à la table de cuisine, au téléphone, dans les corridors de l’école et à la porte de la maison gagne en esprit.

 

Ce travail ne relève pas uniquement du gouvernement. Les gouvernements ont bel et bien des obligations. Le Canada a passé des générations à tenter de supprimer les langues autochtones par les pensionnats et d’autres systèmes coloniaux. Il doit contribuer à réparer ces torts. Mais aucun gouvernement ne peut redonner vie à une langue à notre place. Cette tâche revient aussi aux peuples autochtones eux-mêmes, et en particulier à nos leaders. La loi peut ouvrir la porte. 

 

Encore faut-il que nous la franchissions. Cela inclut aussi l’Assemblée des Premières Nations, qui devrait offrir des services de traduction dans nos langues lors de ses grandes rencontres.

Alors, dites bonjour dans votre langue. Parlez du temps qu’il fait. Dites à quelqu’un que vous allez bien. Dites qu’il pleut. Accueillez quelqu’un chez vous. Invitez-le à entrer. Demandez-lui de s’asseoir. Ce sont de petits gestes, mais ce sont justement ces petits gestes qui apprennent aux enfants que la langue appartient à la vie moderne.

 

Et les députés autochtones devraient comprendre cela mieux que quiconque. Lorsqu’ils se lèvent à la Chambre et choisissent de ne pas utiliser leur langue, même lorsque l’interprétation est disponible, ils manquent une occasion de faire preuve de leadership. Ils pensent peut-être éviter l’embarras. Ils pensent peut-être que leur langue n’est pas assez forte. Mais nos enfants n’ont pas besoin de perfection. Ils ont besoin de courage. Ils ont besoin d’entendre leurs leaders essayer.

 

Si nous n’utilisons pas nos langues lorsque nous en avons la possibilité, pourquoi la prochaine génération croirait-elle qu’elles comptent? Si nos leaders ne les parlent pas précisément dans les lieux où nous avons lutté pour qu’elles soient entendues, alors qu’est-ce que nous cherchons exactement à préserver?

 

Utilisez la langue. Utilisez-la imparfaitement s’il le faut. Utilisez-en un peu, si c’est tout ce que vous avez. Mais utilisez-la. Car une langue ne reste pas vivante parce qu’on en fait l’éloge.

 

Elle reste vivante parce qu’on la parle.

 

Les députés parlent, mais en silence.
Ils ont du son, mais sans résonance.
Nos enfants entendent, sans toujours comprendre.
Il faut rendre à la langue le souffle de vie.

 

https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/en/tv.action?pid=9810029901

https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/en/tv.action?pid=3710007801


https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2242116/langues-autochtones-droit-preservation-leaders-jeunes #autochtones #cdnpoli 

Friday, 20 March 2026

Crossing the Floor: Serving the Party or Serving the People?/Changer de parti : servir le parti ou servir le peuple?

When an MP crosses the floor, the issue is not simply that they have changed parties. The real issue is whom they are serving: the party, the government and the promise of greater influence, or the people who elected them under a different banner.

That is why crossing the floor is never a small matter.

Nunavut MP Lori Idlout has left the NDP to join the Liberal caucus, bringing Prime Minister Mark Carney’s government to 170 seats, just short of a majority in the House of Commons. The NDP has long held that if an MP changes parties, that decision should be put back to voters.

I understand why an MP might make that choice. Politics is not easy. A person can reach the limits of what they believe they can accomplish inside a party. They may feel blocked. They may feel their constituents need results, not symbolism. They may conclude that, to help their people, they need to move closer to power.


For an Indigenous MP, that pressure can be even greater. Our communities do not send us to Ottawa simply to occupy a seat. They send us there to fight for housing, language, sovereignty, fairness and recognition in a system that has too often ignored them. The temptation to move closer to power in order to deliver something tangible is real.

I can believe Lori Idlout sincerely feels that way. After years in opposition, she may have concluded that she had reached the limit of her ability to influence politics for Nunavut. She may believe she needs to try something different.

But she also has a democratic obligation to return to her citizens and ask for their approval before carrying on under a different banner.

There is a difference between following your conscience and borrowing a mandate that was never given to you. Nunavummiut did not elect a Liberal MP. If Idlout now believes the Liberal government is the best vehicle for serving Nunavut, then she should have the courage to say so directly to her constituents and seek a new mandate.

That is the clean path. That is the honourable path.

Some will argue that voters chose the person, not just the party. There is truth in that. An MP is not a machine. We are sent to Ottawa to think, to judge and to follow our conscience.

But conscience does not erase accountability. It demands it.

This matters even more on Indigenous issues. Indigenous MPs are often elected because people believe they will challenge power, not simply join it. They are expected to speak hard truths on matters such as the Indian Act, child welfare, language rights, housing and the unequal treatment Indigenous peoples still face across Canada. Once inside government caucus, that freedom can narrow. Party discipline is real. The pressure to stay quiet, stay loyal and stay useful is real.

That is why Lori Idlout’s decision carries consequences beyond a change of party label. Bill S-2, which would amend the Indian Act on status, is currently before Parliament. Her future votes will now be watched closely. Indigenous peoples have seen too many governments promise change while managing dissent. We do not need Indigenous faces used to soften government policy. We need Indigenous voices prepared to defend their people, even when that is inconvenient.

There is also the larger political reality. With the Liberals now so close to a majority, every defection carries enormous consequence. This is not just a personal decision. It reshapes Parliament itself.

Lori Idlout may well be considered for a larger role, perhaps even a northern ministerial portfolio. But that possibility only sharpens the democratic issue. Will joining government strengthen Nunavut’s voice, or fold it into the machinery of party discipline?

In politics, we must always ask whether we are here to build a political party or to serve the people who sent us. Sometimes the answer is uncomfortable. Sometimes it requires sacrifice.

If Lori Idlout believes she made the right choice, then she should trust Nunavummiut enough to let them judge it.

That is what a sacred trust requires.


// Francais //


Changer de parti : servir le parti ou servir le peuple?

Lorsqu’un député change de parti, le véritable enjeu n’est pas simplement qu’il ait changé de bannière. La vraie question est de savoir qui il sert : le parti, le gouvernement et la promesse d’une plus grande influence, ou les gens qui l’ont élu sous une autre bannière.

C’est pourquoi changer de parti n’est jamais un geste anodin.

La députée du Nunavut, Lori Idlout, a quitté le NPD pour se joindre au caucus libéral, comme l'avait fait le député inuk Peter Ittinuar en 1982, ce qui porte le gouvernement du premier ministre Mark Carney à 170 sièges, tout juste sous le seuil de la majorité à la Chambre des communes. Le NPD soutient depuis longtemps que, lorsqu’un député change de parti, cette décision devrait être soumise de nouveau aux électeurs.

Je peux comprendre pourquoi un député ferait un tel choix. La politique n’est pas simple. On peut atteindre les limites de ce qu’on croit pouvoir accomplir à l’intérieur d’un parti. On peut se sentir bloqué. On peut croire que ses électeurs ont besoin de résultats, et non seulement de symboles. On peut en venir à la conclusion que, pour aider son peuple, il faut se rapprocher du pouvoir.

Pour un député autochtone, cette pression peut être encore plus grande. Nos communautés ne nous envoient pas à Ottawa simplement pour occuper un siège. Elles nous y envoient pour défendre le logement, les langues, la souveraineté, l’équité et la reconnaissance dans un système qui les a trop souvent ignorées. La tentation de se rapprocher du pouvoir afin d’obtenir des résultats concrets est bien réelle.

Je peux croire que Idlout le ressente sincèrement. Après des années dans l’opposition, elle a peut-être conclu qu’elle avait atteint la limite de ce qu’elle pouvait accomplir politiquement pour le Nunavut. Elle croit peut-être devoir essayer autre chose.

Mais elle a aussi l’obligation démocratique de retourner vers ses citoyens et de leur demander leur approbation avant de poursuivre son mandat sous une autre bannière.

Il y a une différence entre suivre sa conscience et emprunter un mandat qui ne vous a jamais été donné. Les Nunavummiut n’ont pas élu une députée libérale. Si Idlout croit maintenant que le gouvernement libéral est le meilleur véhicule pour servir le Nunavut, alors elle devrait avoir le courage de le dire franchement à ses électeurs et de solliciter un nouveau mandat.

C’est la voie la plus nette. C’est la voie la plus honorable.

Certains diront que les électeurs ont choisi la personne, pas seulement le parti. Il y a une part de vérité là-dedans. Un député n’est pas une machine. Nous sommes envoyés à Ottawa pour réfléchir, juger et suivre notre conscience.

Mais la conscience n’efface pas l’obligation de rendre des comptes. Au contraire, elle l’exige.

Cela est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’enjeux autochtones. Les députés autochtones sont souvent élus parce que les gens croient qu’ils vont confronter le pouvoir, et non simplement s’y rallier. On s’attend à ce qu’ils disent des vérités difficiles sur des questions comme la Loi sur les Indiens, la protection de l’enfance, les droits linguistiques, le logement et les inégalités que subissent encore les peuples autochtones partout au Canada. Une fois à l’intérieur du caucus gouvernemental, cette liberté peut se rétrécir. La discipline de parti est réelle. La pression de rester discret, loyal et utile l’est aussi.

C’est pourquoi la décision de Idlout a des conséquences qui dépassent un simple changement d’étiquette politique. Le projet de loi S-2, qui modifierait la Loi sur les Indiens en matière de statut, est actuellement devant le Parlement. Ses prochains votes seront désormais observés de près. Les peuples autochtones ont déjà vu trop de gouvernements promettre le changement tout en gérant la dissidence. Nous n’avons pas besoin de visages autochtones utilisés pour adoucir les politiques gouvernementales. Nous avons besoin de voix autochtones prêtes à défendre leur peuple, même lorsque cela dérange.

Il y a aussi une réalité politique plus large. Alors que les libéraux sont désormais si près d’une majorité, chaque défection a des conséquences énormes. Ce n’est pas seulement une décision personnelle. Cela transforme le Parlement lui-même.

Lori Idlout sera peut-être appelée à jouer un rôle plus important, peut-être même à occuper un portefeuille ministériel lié au Nord. Mais cette possibilité rend la question démocratique encore plus pressante. Son entrée au gouvernement renforcera-t-elle la voix du Nunavut, ou l’intégrera-t-elle simplement à la machine de la discipline partisane?

En politique, nous devons toujours nous demander si nous sommes là pour bâtir un parti politique ou pour servir les gens qui nous ont envoyés. Parfois, la réponse est inconfortable. Parfois, elle exige un sacrifice.

Si Lori Idlout croit avoir pris la bonne décision, alors elle devrait faire assez confiance aux Nunavummiut pour les laisser en juger.

C’est cela, le sens d’une confiance sacrée.

 

Il y a la carotte.
Il y a la promesse d’une récompense.
Mais l’avenir appartient-il à toi,
ou à nous?


https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2238515/transfuge-lori-idlout-npd-plc-autochtones 

When “honest belief” becomes enough, Indigenous peoples lose twice/Quand la « croyance sincère » suffit, les peuples autochtones perdent deux fois

When “honest belief” becomes enough, Indigenous peoples lose twice

Across Canada, many non-Indigenous people are claiming an Indigenous identity they do not have. They get jobs, scholarships, credibility and authority from those claims. Now, this court ruling suggests that if they say they believed it sincerely, criticizing them can become very expensive.

The recent Saskatchewan defamation ruling in favour of University of Regina professor Michelle Coupal should concern First Nations and Métis peoples across Canada. On March 11, Justice Daryl E. Labach ruled that comments by University of Ottawa professor Darryl Leroux were defamatory and awarded Coupal $70,000 in damages. The judge found that Coupal “was not dishonest in her belief, and she was not a pretendian.” 

That may answer a question in defamation law. It does not answer the larger Indigenous question. Indigenous identity is not only about what a person believes in private. It is about kinship, community, accountability and recognition by a people. When courts focus narrowly on whether someone acted in subjective good faith, they risk missing the deeper harm done when institutions elevate contested identity claims into positions of authority. 


I have met Darryl Leroux at the University of Ottawa. He is doing work that many others have refused to do. For years, he has examined weak, inflated and false claims to Indigenous identity by people in public life. That work matters because there can be real material benefit attached to such claims: jobs, scholarships, grants, public credibility, publishing opportunities and academic prestige. This is why so many Indigenous people are paying attention. The issue is not abstract. It is about who gets access to limited space and who is pushed aside. 

This is why the Coupal case matters so much. Coupal held a powerful public role and biographies identified her as “Bonnechere Algonquin First Nation,” including on the University of Manitoba Press website, which described her as Canada Research Chair in Truth, Reconciliation, and Indigenous Literatures and Associate Professor at the University of Regina. That kind of biography signals to readers, students and institutions that an Indigenous people stands behind the claim. 

But the foundation under that public identity became seriously contested. As reported in coverage of the case, the dispute turned in part on ancestry linked to Thomas Lagarde. In 2023, the Algonquins of Ontario tribunal removed Lagarde from the organization’s ancestor list after concluding there was no reliable evidence he was Algonquin. The Algonquins of Ontario is itself contested in the broader struggle over Algonquin identity, recognition and authority.

This ruling is so unsettling. Someone could say they believed they were Indigenous, or thought they might be, and still occupy a position that could have gone to an Indigenous person whose identity is rooted in family, nation and community recognition. The legal finding may be that the claimant acted “sincerely.” The public consequence is that the benefit was still received, the authority was still exercised, and the space was still occupied. Indigenous peoples are left to deal with the consequences. 

There is also a painful irony here. This was not a chair in geology or English grammar. It was a chair in Truth, Reconciliation, and Indigenous Literatures. Truth should matter here. Honour should matter here. In my view, if the claim that supported that authority is now so deeply compromised, resignation should be seriously considered. Not because the court found fraud; it did not. But because leadership in Indigenous academic spaces demands more than private sincerity. It demands public trust and accountability. 

Justice Labach was appointed as a judge in 2015 by the federal Conservative government, under then justice minister Peter MacKay. That fact does not prove why he ruled as he did. But this ruling has a broader effect: it weakens First Nations and Métis peoples across Canada by making scrutiny of contested identity claims more legally dangerous, and by signalling that sincere personal belief may carry more weight than nation-based recognition. 

First Nations and Métis peoples should be very concerned. They should also become actively involved in the next round of this case. Leroux’s lawyer has said he intends to appeal. If that happens, Indigenous interveners should be there. This should not be left only to judges, lawyers and universities. Indigenous peoples have a direct interest in how Canadian law treats identity, community harm and public criticism. 

If “honest belief” is enough, then Indigenous peoples lose twice: first when space is taken, and again when speaking about that loss becomes financially dangerous. 


//Francais//


Quand la « croyance sincère » suffit, les peuples autochtones perdent deux fois

 

Le récent jugement en diffamation rendu en Saskatchewan en faveur de la professeure de l’Université de Regina, Michelle Coupal, devrait inquiéter les Premières Nations et les Métis partout au Canada. Le 11 mars, le juge Daryl E. Labach a conclu que les propos du professeur de l’Université d’Ottawa Darryl Leroux étaient diffamatoires et a accordé à Michelle Coupal 70 000 $ en dommages. Le juge a estimé que Michelle Coupal « n’était pas malhonnête dans sa croyance et qu’elle n’était pas une “pretendian”. »

 

Cela répond peut-être à une question de droit. Mais cela ne répond pas à la vraie question autochtone. L’identité autochtone ne dépend pas seulement de ce qu’une personne croit en privé. Elle repose sur la famille, la communauté, la responsabilité et la reconnaissance par un peuple. Si les tribunaux regardent seulement la sincérité d’une personne, ils risquent de manquer l’essentiel : le tort causé quand des institutions donnent du pouvoir à une identité contestée.

 

J’ai rencontré Darryl Leroux à l’Université d’Ottawa. Il fait un travail que bien d’autres ont refusé de faire. Depuis des années, il examine des revendications faibles, exagérées ou fausses à l’identité autochtone chez des gens en vue dans la vie publique. Ce travail compte, parce qu’une telle identité peut donner accès à de vrais avantages : des emplois, des bourses, des subventions, de la crédibilité, la politique, des publications et du prestige universitaire. Voilà pourquoi tant d’Autochtones suivent cette affaire de près. L’enjeu est simple : qui a accès à des places limitées, et qui est laissé de côté?

 

C’est pourquoi l’affaire Coupal est si importante. Michelle Coupal occupait un poste important, et plusieurs biographies la présentaient comme membre de la « Bonnechere Algonquin First Nation », y compris sur le site des Presses de l’Université du Manitoba. Ce n’est pas une simple réflexion privée sur l’histoire familiale. C’est une affirmation publique. Cela envoie le message aux lecteurs, aux étudiants et aux institutions qu’un peuple autochtone reconnaît cette identité.

 

Mais la base de cette identité publique a ensuite été fortement contestée. Comme l’ont rapporté les médias, le litige portait en partie sur une ascendance liée à Thomas Lagarde. En 2023, le tribunal des Algonquins of Ontario a retiré Lagarde de la liste des ancêtres de l’organisation après avoir conclu qu’il n’existait aucune preuve fiable qu’il était algonquin. Les Algonquins of Ontario eux-mêmes sont contestés dans le débat plus large sur l’identité, la reconnaissance et l’autorité algonquines.

 

C’est ce qui rend ce jugement si troublant. Une personne pourrait dire qu’elle croyait être autochtone, ou qu’elle pensait l’être, et quand même occuper un poste qui aurait pu revenir à une véritable personne autochtone, reconnue par sa famille, sa nation et sa communauté. Sur le plan juridique, on dira peut-être que cette personne était « sincère. » Mais dans la réalité, l’avantage a quand même été obtenu, le poste a quand même été occupé, et l’espace a quand même été pris. Ce sont ensuite les peuples autochtones qui doivent vivre avec les conséquences.

 

Il y a aussi une ironie douloureuse. Il ne s’agissait pas d’une chaire en géologie ou en grammaire anglaise. Il s’agissait d’une chaire en vérité, réconciliation et littératures autochtones. La vérité devrait compter ici. L’honneur devrait compter ici. À mon avis, si la revendication qui soutenait cette autorité est aujourd’hui aussi fragilisée, la démission devrait être sérieusement envisagée. Non pas parce que le tribunal a conclu à une fraude — ce n’est pas le cas. Mais parce qu’occuper un rôle de leadership dans les espaces universitaires autochtones demande plus qu’une sincérité privée. Cela demande la confiance du public et une véritable responsabilité.

 

Le juge Labach a été nommé en 2015 par le gouvernement conservateur fédéral, sous le ministre de la Justice de l’époque, Peter MacKay. Cela ne prouve pas pourquoi il a rendu cette décision. Mais ce jugement a un effet beaucoup plus large. Il affaiblit les Premières Nations et les Métis partout au Canada en rendant la critique de revendications identitaires contestées plus dangereuse sur le plan juridique. Il laisse aussi entendre qu’une croyance personnelle sincère peut compter davantage que la reconnaissance par une nation.

 

Les Premières Nations et les Métis devraient être très inquiets. Ils devraient aussi s’impliquer dans la suite de cette affaire. L’avocat de Darryl Leroux a dit qu’il comptait porter la cause en appel. Si cela arrive, des intervenants autochtones devraient être présents. Cette affaire ne devrait pas être laissée seulement aux juges, aux avocats et aux universités. Les peuples autochtones ont un intérêt direct dans la façon dont le droit canadien traite l’identité, le tort causé aux communautés et la critique publique.

 

Si la « croyance sincère » suffit, alors les peuples autochtones perdent deux fois : d’abord quand l’espace leur est pris, puis quand le fait de dénoncer cette perte devient financièrement dangereux.

 

Un juge mennonite, deux voix francophones,
Ni Métis, ni Premières Nations pour dire la vérité.
On parle de nos peuples sans nous, encore,
Et nos enfants porteront longtemps ce tort.